SUPER-HÉROS : BAS LES MASQUES

Pourquoi les super-héros occupent-ils une place si centrale dans nos vies ? Une série de podcasts qui fait tomber les masques et désosse ce phénomène culturel.

SUPER-HÉROS : BAS LES MASQUES

Format : 4 épisodes documentaires audio

Production : Narrason, 2026

Écrite et racontée par : Pierre Sérisier, journaliste et écrivain

Avec le soutien du Ministère de la Culture

Les super-héros sont partout. Ils envahissent les écrans, remplissent les salles de cinéma, saturent les plateformes et structurent nos imaginaires.

On les regarde, on les critique, on les consomme parfois sans y penser mais alors pourquoi occupent-ils une place si centrale dans nos vies ? Sont-ils de simples divertissements ou les symptômes d’un monde inquiet ? Des récits d’émancipation… ou des fictions de contrôle ?

L'auteur

Pierre Sérisier, journaliste et observateur attentif des fictions contemporaines s’intéresse à ce que ces figures disent de notre époque. Fascination, rejet, ironie, soupçon politique : les super-héros provoquent des réactions ambivalentes. Sont-ils des récits de liberté ou des mythologies rassurantes pour temps troublés ?

« Ces personnages de fiction sont conçus comme des grilles de lecture critiques de nos sociétés. Ils posent des questions essentielles telles que l’altérité, le genre, le racisme, les excès du capitalisme, l’écologie ou le vivre ensemble. L’ambition du projet est de proposer un récit de vulgarisation afin de comprendre les ressorts créatifs et narratifs propres à ce genre. »          Pierre SERISIER

Épisode 1 — Pourquoi pleut-il toujours à Gotham City ?

Pourquoi Gotham City semble-t-elle condamnée à la pluie, à la nuit et aux ruissellements sans fin ?
Dans cet épisode, Pierre Sérisier part d’un détail visuel obsédant — la pluie — pour interroger ce que la ville de Batman raconte de notre rapport au crime, à la justice et au chaos.

À travers une conversation avec Ophir Lévy, historien du cinéma, l’épisode explore l’héritage du film noir, la verticalité urbaine, les égouts, la nuit et la pluie comme éléments constitutifs de l’esthétique de Gotham.
La ville devient un paysage mental, un cloaque, une prison à ciel ouvert où le décor et les personnages ne font plus qu’un.

L’enquête se prolonge avec Richard Mèmeteau, philosophe, qui interroge la figure de Batman : justicier moral, gardien de l’ordre existant ou héros en surplomb, incapable de faire communauté.
Des rencontres avec des fans viennent ponctuer l’épisode, révélant l’attachement intime et émotionnel que suscite ce héros sans super-pouvoirs.

Un épisode pour comprendre comment Gotham, plus qu’un décor, est peut-être la clé du mythe de Batman.

Épisode 2 — Wonder Woman doit-elle avoir des poils sous les bras ?

La question peut faire sourire. Elle est pourtant au cœur de débats très sérieux.
En s’attaquant aux poils sous les bras de Wonder Woman, c’est toute une série d’injonctions faites aux femmes — même super-héroïnes — qui refait surface.

Dans cet épisode, Pierre Sérisier explore la figure de Wonder Woman à partir d’un rapprochement inattendu : celui avec Emma Bovary.
À travers cette filiation, l’épisode interroge la manière dont les héroïnes sont façonnées par des imaginaires masculins, prises entre émancipation, idéalisation et contrôle du corps féminin.

Pour éclairer cette lecture, Pierre Sérisier s’appuie sur le travail de Mélanie Boissoneau, enseignante-chercheuse et autrice de l’étude De Madame Bovary à Wonder Woman.
L’épisode revient sur la genèse du personnage imaginé par William Moulton Marston, son héritage féministe ambigu, ses multiples réécritures, et les contradictions qui traversent encore aujourd’hui cette icône de la culture populaire.

Une enquête qui pose une question simple, mais tenace : Wonder Woman est-elle une héroïne féministe… ou l’idée qu’un homme se fait de la femme idéale ?

Épisode 3 — Le Wakanda, trop beau pour être vrai ?

Le Wakanda n’existe pas. Pourtant, il s’est imposé comme l’un des territoires les plus marquants de l’imaginaire contemporain.
Royaume africain fictif, jamais colonisé, technologiquement avancé, le pays de Black Panther condense des attentes, des désirs et des projections qui dépassent largement le cadre du film de super-héros.

Dans cet épisode, Pierre Sérisier interroge ce que représente réellement le Wakanda : une utopie politique, un récit de réparation symbolique, ou la tentative d’imaginer un monde où l’histoire aurait pu s’écrire autrement.
À travers l’afrofuturisme, les choix esthétiques et culturels des films Black Panther, et les réactions qu’ils suscitent, l’épisode explore les liens entre représentation, mémoire et fierté collective.

L’analyse s’appuie notamment sur l’éclairage de Théo Touret, doctorant spécialiste des super-héros, qui replace la création de Black Panther dans son contexte politique, historique et symbolique, entre luttes pour les droits civiques, héritage colonial et enjeux contemporains.

L’épisode donne également la parole à des spectatrices rencontrées lors d’un concert afro-futuriste, dont les témoignages révèlent combien le Wakanda agit comme un espace de reconnaissance, mais aussi comme un lieu traversé par des tensions : entre rêve et réalité, visibilité et retrait, partage et protection.

Un épisode qui questionne la puissance des utopies : non comme des mondes parfaits, mais comme des récits capables de formuler des possibles, à l’endroit même où l’histoire a laissé des manques.

Épisode 4 — Qui a eu la peau des super-héros français ?

Longtemps, la France a été un terreau fertile pour les figures du justicier masqué.
Avant même l’apparition des super-héros américains, la littérature populaire française avait inventé des personnages à double identité, capables de naviguer entre les classes sociales, de rendre une justice personnelle et d’habiter les zones troubles de la modernité.

Dans cet épisode, Pierre Sérisier interroge une disparition : celle des super-héros français de l’imaginaire collectif.
Comment un pays qui a vu naître des figures fondatrices comme Edmond Dantès, Judex, Fantômas ou le Nyctalope a-t-il peu à peu abandonné ce pan de sa culture populaire ?

L’enquête remonte aux bouleversements sociaux du XIXᵉ siècle, à la naissance des grandes villes modernes, puis aux échanges culturels intenses entre la France et les États-Unis.
Elle met en lumière un moment de bascule décisif : l’entre-deux-guerres et l’après-guerre, marqués par une croisade morale et politique contre les récits jugés dangereux pour la jeunesse.

À travers les analyses de Xavier Fournier, journaliste et historien des super-héros, l’épisode revient sur la loi de 1949, la censure massive des bandes dessinées et ses conséquences durables : autocensure des auteurs, effacement progressif des figures françaises, et installation de l’idée que le super-héros serait un genre exclusivement américain.

L’épisode donne également la parole à des créateurs et à un libraire spécialisé, qui racontent les effets concrets de cette invisibilisation, mais aussi les tentatives contemporaines de réappropriation : personnages marginaux, formats hybrides, circulation discrète, loin des grandes vitrines.

En revenant à la figure du comte de Monte-Cristo — parfois considéré comme le premier super-héros — l’épisode referme une boucle entamée au début de la série.
Il pose une question simple et politique : que perd-on lorsqu’une culture renonce à ses propres récits populaires ?

Un épisode qui rappelle qu’entraver l’imagination, au nom de la morale ou de la peur, ne conduit jamais à un progrès, mais toujours à un appauvrissement.

Crédits

SUPER HEROS : BAS LES MASQUES est une série documentaire audio écrite et racontée par Pierre Sérisier, journaliste et écrivain.
Format : 4 épisodes

Avec :
Ophir Lévy, historien du cinéma, maître de conférences
Richard Mèmeteau, professeur de philosophie et des témoignages de fans

Mélanie Bourdaa, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Bordeaux-Montaigne 

Lili Sohn, autrice de la bande dessinée Nos poils

Jacques Hersant, auteur et réalisateur de Wonder Woman 1944
Xavier Fournier, journaliste et historien des super-héros
Ciro Tota, auteur et dessinateur, créateur de Photonik
Jean-Yves Mitton, dessinateur et Quentin, libraire spécialisé.

Direction de production : Nolwenn Thivault

Réalisation et mixage : Martin Delafosse

Production et diffusion : Narrason, 2026.

Ce projet est lauréat de l’Aide sélective aux autrices et auteurs de podcasts et de créations radiophoniques du Ministère de la Culture. Il s’agit d’un dispositif expérimental qui vise à accompagner les autrices et auteurs de podcasts et de créations radiophoniques dans l’écriture et la réécriture d’œuvres sonores originales nécessitant un travail de recherche approfondi.